Chapitre 9 / Mariage


Les jours défilèrent doucement en emportant avec eux la joie des deux futurs époux à travers les contrées. La neige était tombée depuis quelques jours, au grand bonheur de Merlin. Ce matin-là, ce dernier se posta devant la fenêtre pour observer les quelques flocons. Le paysage était aussi splendide que ce que les gens lui racontaient. Le ciel bleu se mariait agréablement bien avec cette blancheur éclatante. Il sourit d'émerveillement et, tel un enfant, il tourna son regard étincelant sur son amant.

— C'est si beau,... dit-il en se rallongeant à côté d'Arthur qui l'enlaça chaudement tout contre lui.

— Pas aussi beau que toi, mon cœur...

Arthur aimait le regard pétillant de son jeune amant. A travers eux, il apercevait encore la fragilité de son être et, le cœur battant de gaieté, il déposa un baiser sur ses lèvres roses. Sous l'épaisse couverture, il resta collé à lui en murmurant des ''je t'aime''... A quelques jours de leur mariage, il ne voulait pas le quitter des yeux. Il lui était devenu comme vital et, jamais de toute sa vie, il ne s'était senti aussi bien.

— Arthur,... murmura Merlin en le regardant de ses yeux encore plus brillant,... après le mariage, j'aimerais bien voir la mer au sud d'Albion...

— Pourquoi ? demanda son amant en lui caressant les cheveux.

Merlin s'installa convenablement sur son torse tout en s'accoudant et, le sourire éblouissant, il lui répondit :

— J'ai toujours aimé cette période... chaque année, j'y allais parce que...

Il se tut pour réfléchir quelques secondes. Il avait soudainement peur qu'Arthur le prenne vraiment pour un rêveur... mais, après tout, cela avait toujours fait parti de lui.

— Je t'écoute mon cœur... le poussa Arthur en descendant une main vers les fesses de son jeune amant qui s'empourpra...

— Tu m'écoutes ou ce n'est seulement que ta main indécente qui glisse dangereusement vers... dit-il en éclatant subitement rire lorsqu'Arthur le chatouilla au niveau de la hanche.

— Ma main n'en fait qu'à sa tête... marmonna le jeune Pendragon en roulant sur Merlin,... mais, mes oreilles sont toutes ouïes...

Le souffle court, le jeune Emrys le contempla un instant. Il appréciait ces petits moments avant le réveil... un moment où tous les deux avaient encore le loisir de se chamailler comme des enfants... un moment où ils pouvaient s'aimer tendrement... Arthur allait devenir son mari et, à cette pensée, il commença à réaliser que tout ce qu'il avait longuement souhaité allait enfin arriver. Depuis sa tendre enfance, il avait attendu ce jour et, le corps comblé de sensation frissonnante, il sourit à son homme en lui soufflant un je t'aime.

Était-ce vraiment cela que d'aimer ? De se sentir prêt à tous les maux de la terre pour se retrouver seul avec l'être tant convoité ? En tout cas, Arthur semblait littéralement perdu sans Merlin. Celui-ci passa une jambe entre celle de ce dernier puis, en le fixant de ses yeux amoureux, il lui murmura :

— Je suis heureux de t'avoir à mes côtés...

Merlin fit glisser ses doigts dans la chevelure de son prince et répondit d'un simple sourire. Il n'y avait plus de mot pour décrire ce qu'il ressentait alors, il se lova tout contre lui.

— Sers-moi fort,... souffla Merlin en sentant les bras de son amant l'étreindre tendrement,... encore plus fort...

Le sentir... voilà ce que le plus jeune prince adorait. Sentir la force de son aîné le blottir tout contre son corps, sentir la douceur mêlée à sa puissance... sentir la vie de celui qui faisait battre le cœur... les paupières closes, les pulsations ressemblaient à une mélodie... mais, pas n'importe laquelle... c'était celle de son homme...

— Raconte-moi la suite, mon cœur,... supplia Arthur en lui déposant un baiser sur le front.

Merlin releva son visage et, en le regardant, il continua donc :

— Tu sais qu'une histoire existe au royaume d'Albion,... il se raconte que toute la beauté de la nature sourit au monde qui nous entoure,... et lorsque la neige rencontre la surface de l'eau, il y a le son d'un tintement particulier qui naît de cette fusion,... elle est si petite et inaudible que très peu peuvent l'entendre mais, quand le temps passe et qu'elle refroidit, alors, certains racontent que les rayons du soleil bénissent ceux qui se marient...

— Tu veux dire que la neige épouse à la perfection les étoiles de mers... dit-il avant de déposer ses lèvres contre celle de Merlin...

Une invitation que le plus jeune ne refusa pas la moindre du monde. Leurs corps entrelacés, ils se laissèrent emporter par une vague de désir qui les enflamma tous les deux. Dans la chaleur de leur étreinte, seul le bruit de leurs respirations courtes et remplies de plaisir résonna dans toute la pièce. Un matin comme tous les autres où, Arthur possédait entièrement Merlin. Des gestes tendres qui dévoilaient toujours un amour délicat. Un amour qui avait mis du temps pour s'installer entre eux et, bientôt, ils s'uniront officiellement aux yeux des deux royaumes.

...

Le jour tant attendu, Gauvain fut réveillé aux aurores par des cris euphoriques :

— Gauvain ! Gauvain ! tonna Merlin en sautant au pied de son lit,... je vais me marier aujourd'hui ! C'est aujourd'hui !

Les paupières lourdement fatiguées dû aux traitements nocturnes de son amant, le jeune chevalier se contenta d'enfouir son visage derrière son oreiller. Il ronchonna encore plus, lorsque son jeune prince fit un bond sur lui. Les pieds de chaque côté de son corps, il regardait un Merlin tout excité dont les bras s'agitaient inlassablement en l'air.

— Allez Gauvain ! Lève-toi ! Je me marie !

— Grrrr,... grommela-t-il entre ses dents avant de s'emparer des hanches du plus jeune pour le coincé sous son corps.

Au-dessus de Merlin, Gauvain croisa des yeux bleus qui lui confirmaient la joie de cet événement et, le cœur palpitant de le savoir totalement heureux, il avait envie de profiter une dernière fois de son prince car, dans quelques heures, Merlin ne sera plus son prince mais, il sera le mari d'Arthur. Alors, le sourire moqueur aux coins des lèvres, il saisit son oreiller pour taquiner le jeune prince d'Albion.

Pendant ce temps, Arthur, tout de même plus adulte, marchait à côté de son ami Léon qui lui faisait part de ses félicitations :

— J'espère que vous saurez conserver cette flamme pour lui...

— Je l'aime, Léon,... souffla-t-il en s'arrêtant à la hauteur de son interlocuteur,... je,... je ne sais pas comment Merlin a fait mais,... il a bouleversé mon existence alors, oui, je m'attellerais chaque jour à lui prouver combien je tiens à lui... combien sa place est importante...

Léon le fixa et, content de voir son prince heureux, il posa une main sur son épaule :

— Depuis que Merlin fait partie de votre vie,... Vous êtes devenu quelqu'un de bien meilleur...

— C'est-à-dire ? demanda le jeune prince en plissant des paupières comme s'il était le pire des crétins avant de s'assagir en présence de Merlin.

— Je veux dire par là, que vous êtes plus mûr et moins enclin à réagir égoïstement... lui répondit Léon en recevant un regard sombre tout en reprenant piteusement,... enfin,... vous êtes plus mature... vous voyez,...

A cette réponse, Arthur lui sourit malgré tout, lorsque tous les deux tournèrent la tête en direction de la chambre de Gauvain. Ils s'avancèrent à grandes enjambées et, au pas de la porte, ils se contemplèrent mutuellement en se murmurant :

— Adulte ? marmonna Arthur...

— Je crois que,... bredouilla Léon,...

Il ne put finir sa phrase. Le prince de Camelot venait d'ouvrir la porte en grand et, par manque de chance, Léon reçut un oreiller en pleine figure. Dépité de se dire que Gauvain qui se trouvait être officiellement son amant, était, à cet instant, éventuellement qu'un sale gamin qui riait aux éclats en se bataillant avec Merlin. Léon dévisagea Arthur qui hurlait :

— Merlin ! Arrête !

Ce dernier envoyait des coups de coussin à son amant pendant que le jeune chevalier d'Albion cherchait activement le sien et qui, malheureusement, était dans les bras de son amant. Gauvain se pinça les lèvres en apercevant le regard indéchiffrable sur le visage de son amant et, en tentant de s'excuser, une bataille d'oreiller eut lieu au milieu de la pièce. Albion contre Camelot, Merlin et Léon en détenaient chacun un :

— Qui abandonne ? demanda Arthur qui scruta les deux plus jeunes d'un regard qui semblait dire : vous allez perdre !

Gauvain passa ses yeux amusés sur Arthur puis Merlin. Soudain, surpris, le prince de Camelot se retrouva facilement à terre sous le poids des jeunes. Léon tenta de les écarter mais, Arthur finit par brailler :

— Drapeau blanc !

Quelques minutes de répit plus tard, tous les quatre étendus au sol écoutaient sagement leurs respirations saccadées.

— Tu m'as fait mal... se plaignit Arthur en montrant son index à son futur époux.

Merlin roula et s'accouda sur le torse de ce dernier pour déposer un baiser sur le doigt en question.

— Voilà, un bisou,... murmura-t-il,... tu as mal ailleurs aussi ? demanda-t-il le regard étincelant.

Arthur désigna alors sa joue droite et, immédiatement, Merlin la baisa tendrement. En comprenant le petit jeu de son aîné, Merlin réitéra sa question et, cette fois-ci, il déposa son index sur ses lèvres qui furent très vite emprisonnée par les siennes...

Gauvain qui était plutôt réservé par ce genre de démonstration et, bien qu'il aimait taquiner autrefois Merlin avec cela, ce n'était plus la même chose avec l'homme de sa vie. Il se leva et, tendu, Léon le plaqua contre un mur en lui chuchotant :

— On devrait songer à se marier ? Qu'est-ce que tu en pense ?

Gauvain, à la fois ému et troublé, fut tout de même déçu. Il s'attendait à mieux et, en s'éloignant de lui, il souffla d'une voix sarcastique et d'un air dépité :

— Je suis complètement conquis !

Les yeux ronds, Léon ne comprit pas sa réaction... Puis, ce n'est qu'en voyant le futur couple marié à ses côtés qu'Arthur lui chuchota :

— Adulte, disais-tu ?

Pour une fois, le prince recula devant deux orbes totalement noirs...

— Je crois que Gauvain apprécierait une demande digne d'un chevalier,... coupa Merlin avant d'ajouter,... là, c'est comme si vous veniez de lui proposer une choppe...

Léon grogna en les abandonnant sur place. Il n'était vraiment pas doué et, triste pour lui-même, il dut admettre qu'il était aussi fort que son propre prince : juste crétin. Évidement qu'il souhaitait faire une noble demande mais, la phrase lui avait échappé. Gauvain qui avait hésité à accepter leurs relations depuis le début, il aurait dû tourner sa langue sept fois dans la bouche avant de parler.

...

L'après-midi, tous les invités étaient présents dans la salle du trône. Les souverains de Camelot se tenaient à droite des sièges et ceux du royaume d'Albion à l'opposé. Arthur et Merlin s'étaient séparés le temps d'être habillés et, après deux heures de préparations, ils étaient enfin prêts. Godefroy, officier de la cour, les attendaient devant les sièges royaux. La pièce sentait l'odeur des fleurs que le jeune Pendragon adorait. Des orchidées ornaient chaque recoins de la salle.

Léon aux côtés d'Uther, écouta le son mélodieux des flûtes et des harpes. Une romance majestueuse enveloppa la salle et, lorsque la porte s'ouvrit sur le prince de Camelot, il eut le souffle coupé. Il était magnifique. Une chemise surement en soie blanche recouverte d'un ensemble noir, il donnait déjà l'apparence d'un futur souverain : fier et intraitable. A quelques pas de lui, Arthur lui sourit béatement et, heureux de le voir si joyeux, Léon hocha de la tête avant que le prince ne lui tourne le dos pour pivoter face à l'officier. La cape rouge dont l'emblème royal s'affichait semblait plus légère qu'à l'accoutumer, la rendant encore plus soyeuse.

Gauvain, de l'autre côté, vit son prince s'avancer lentement au rythme de la musique. Son frère de cœur allait appartenir à un autre et, les larmes rageusement bloquées au bord des yeux, il était extrêmement ému. Il ne voulait pas pleurer mais, comment ne pas laisser échapper ses larmes après tout ce que Merlin avait vécu pour trouver l'amour ? Comment ne pas céder lorsque le prince qu'il avait tant veillé lui souriait avec le regard brillant ? L'écho des larmoiements de quelques femmes dans l'assemblée finit par l'achever. Pourtant, il s'était promis de ne pas pleurer... et, en serrant durement des dents, il fixa la cape bleue de son prince. Ce dernier était aussi beau que son futur mari et, en se mordant la lèvre inférieure, il se redressa en évitant le regard de son amant.

— En ce jour, béni des dieux, nous allons réunir deux êtres... débuta l'officier qui les fixait tour à tour.

L'un en face de l'autre, Arthur trouvait que son Merlin était plus séduisant. Au souvenir de leur première journée, il se souvint des mots dont il l'avait mal jugé. Les yeux bleus dans ceux de son jeune prince, il sortit de sa contemplation lorsqu'il entendit :

— Prince Arthur Pendragon et prince Merlin d'Albion, veuillez répéter : « A tout jamais dans la foi de ton amour et dans le mien, sain ou malade, je promets de le garder

Merlin, le cœur palpitant, avança une main que son amant prit chaudement contre la sienne et, ensemble, ils répétèrent la phrase d'une voix commune et vibrante :

A tout jamais dans la foi de ton amour et dans le mien, sain ou malade, je promets de le garder.

L'officier se tourna sur chacun des chevaliers de chaque royaume qui lui tendit un coussin ornait d'un anneau. Il fixa les deux chevalières dont un emblème regroupait la réunification les deux royaumes : Un dragon doré entouré de trois étoiles argentées. L'officier releva son visage et murmura en levant les chevalières à hauteur :

Que le Donneur de la grâce et de l'éternel salut, fasse descendre sa bénédiction sur ces deux anneaux.

Arthur le premier qui gardait la main droite de Merlin dans sa main gauche, saisit la bague qui était destinée à son jeune futur époux.

De cet anneau je vous épouse, dit-il en la passant sur l'annulaire de son vis-à-vis qui tremblotait de gaieté,... de mon corps, je vous honore,... continua-t-il en enlaçant leurs mains liées,... de mon bien, je vous doue...

Merlin était prêt à craquer... mais, il se retint de toutes ses forces car, à son tour, il prit le second anneau et, devant les yeux de son amant, le jeune Emrys la passa au doigt de son futur époux tout en répétant les mêmes mots... Il sentait ses jambes flageoler et son cœur battre au rythme effréné de la mélodie. La respiration saccadée, il écouta enfin :

— De cet échange mutuel, je vous déclare marier ! Vous pouvez vous embrasser !

Les mains tremblantes dans celles de son aîné, ils ne se lâchèrent pas du regard. Arthur posa ses mains sur les hanches de Merlin et, en approchant son visage, il déposa ses lèvres contre celle de son mari... Le temps n'avait plus de valeur à cet instant, plus personne n'existait. Il n'y avait qu'eux qui comptaient. Aucune seconde ne pouvait atteindre leur amour. Pas besoin de mot pour comprendre,... juste besoin d'un simple geste pour aimer et d'un effleurement pour sentir qu'ils étaient définitivement faits l'un pour l'autre.

Ils se fixèrent intensément avant de sceller à nouveau leurs lèvres pour approfondir un baiser passionné... un baiser qui aux regards de l'assemblée parut en dire beaucoup sur le nouveau couple royal. Aucun des princes n'entendit les félicitations et encore moins les étouffements des cris de joie. Arthur et Merlin étaient seuls dans leur monde. Le plus jeune s'abandonna dans les bras de son mari qui resserra son étreinte.

Ce n'est que lorsque les parents se raclèrent la gorge pour signaler leur présence qu'ils se séparèrent tout en gardant leurs mains scellées. Les larmes aux yeux, les mères les embrassèrent affectueusement tandis que les pères les empoignèrent chaleureusement. Puis, ce fut au tour des nobles qui défilèrent devant eux. La fin de l'après-midi fut assez longue mais, pour rien au monde, les princes n'auraient échangé ce moment qui officialisait leur amour. Mordred et sa future belle-sœur, les félicitèrent et, en sanglotant dans les bras de Merlin, le plus jeune des princes lui souffla :

— Je suis heureux pour toi,... que la vie t'apporte tout le bonheur...

Cassie arriva avec Lancelot et, tous les deux les embrassèrent en leur souhaitant d'être heureux puis, Guenièvre qui les enlaça tendrement leur murmura ses vœux de bonheur tout en les informant qu'elle patienterait le jour où, ils décideront d'avoir un enfant. Lorsqu'elle quitta la file, ce fut une petite furie blonde qui sauta au cou de Merlin.

— Félicitations ! s'écria Tristan Lefay,... moi aussi, un jour je serais tout beau et je me marierais comme vous ! ajouta-t-il en les faisant rire.

Bohort arriva juste derrière son petit frère et étreignit les princes.

— Prenez soin de vous et que le bonheur rayonne vos vies...

.

Une heure plus tard, la soirée débuta sous les regards des souverains. Arthur invita son mari à ouvrir la première danse et, leurs corps tremblants de toutes ses émotions, ils se collèrent l'un contre l'autre comme si, demain était le dernier jour de leur vie,... la tête contre l'épaule de Merlin, il lui chuchota d'une voix vibrante :

— C'était une belle cérémonie...

— Oui, mon amour... répondit-il en reculant son visage pour l'embrasser,... et tu es... horriblement sexy, ajouta-t-il en le reluquant de bas en haut.

— Hum,... grogna Arthur qui se sentit subitement serré dans ses vêtements.

— Tu crois qu'il y aurait moyen,... reprit amoureusement le plus jeune en faisant glisser ses mains chaudes sous le haut de son mari,... que je t'emmène hors de tout ce monde...

Arthur était encore plus ému que Merlin et, le corps frissonnant aux caresses insistantes de son jeune mari, il lui souffla à l'oreille :

— Comme je te l'ai promis : ''de mon corps, je vous honore,...'' mais, ce soir Merlin,... je n'ai qu'une envie...

Le regard brillant et rempli de solitude, il susurra chaudement à l'oreille de son jeune mari :

— Je,... reprit-il en saisissant le col de Merlin,... ce soir, je veux que tu me possèdes... dit-il en posant une main possessive sur la nuque de son jeune mari qui gémit en sentant la langue de son mari s'enrouler tendrement avec la sienne.

— Alors, répondit le plus jeune dont ces simples mots le rendit subitement tout émoustillé,... tu ne me le diras pas deux fois...

''Oh, mon Dieu !'' pensa Arthur qui sembla prendre feu sur place lorsqu'à ses mots, Merlin le plaqua sauvagement contre le mur le plus proche et, sans faire attention aux gens qui étaient fort heureusement trop occupés à danser et à boire, il colla son corps contre celui d'Arthur. Ce dernier, totalement désemparé par la soudaine lueur flamboyante qui s'affichait dans les yeux bleus de son mari, se sentit brusquement dépourvu de tous ces moyens.

Merlin posa ses lèvres contre les siennes et, en appuyant fortement son entrejambe contre le bassin de son ainé, Arthur gémit en essayant de lui répondre mais, force était de constater que le plus jeune avait bien la situation en main. Les paupières closes, la langue du plus jeune effleura doucement la sienne avant de la caresser plus ardemment... l'entraînant dans une danse des plus excitantes qui parurent ordonner à leur corps de suivre le mouvement...

Arthur sentait effroyablement la chaleur monter d'un cran et, telle une supplique silencieuse, Merlin lui imposait un profond baiser à un rythme bouleversant. Lorsqu'ils se séparèrent, le souffle court et les joues rougis, Arthur aurait presque cru jouir à ce simple échange et, pour certitude, son jeune mari savait y faire... La tête envahit d'images sensuellement torrides, il le tira violemment par la main en quittant la pièce où seuls les parents sourirent en les voyant partir en s'enfuyant.

— Ha, ces jeunes, rit la mère de Merlin,... je suis si heureuse pour eux...

— Oh, oui,... répondit Ygraine en faisant des grands yeux,... vous imaginez le temps qu'ils ont mis pour comprendre tout cela...

— En même temps, coupa Uther en se servant une choppe,... c'est un Pendragon et, comme tout le monde le sait, nous ne sommes pas réputé pour être doué pour déclarer notre flamme, dit-il en fixant sa reine qui éclata de rire...

— Moi, poursuivit le père de Merlin,... je suis fière de savoir que nos deux royaumes soient enfin réunifiés et que l'avenir de nos enfants soit entre de bonnes mains, dit-il en levant son verre.

— En tout cas, vivement que le cri d'un bébé résonne entre ses murs, murmura Ygraine en regardant Hunit qui sourit à son tour.

— Ho, oui... confirma-t-elle,... un petit Arthur ou un petit Merlin qui courerait dans tout le château à nous rendre dingue...

Balinor et Uther se fixèrent un instant avant de laisser leur femme en pleine conversation bien féminine pour rejoindre la horde des chevaliers des deux royaumes...

...

A peine entré dans leur chambre que Merlin entraîna rapidement son mari vers leur lit. De ses mains, il poussa Arthur qui se renversa sur le matelas et, en croisant le regard brûlant de désir de son jeune amant, il déglutit tout en tremblotant de frissons. Allongé, il défit son pantalon et son haut qu'il jeta à travers la pièce. Merlin grimpa, à l'image d'un félin grandement en mal d'amour, tout en enjambant le merveilleux corps qui s'offrait à lui.

Arthur, excité depuis le baiser profondément passionné, intima Merlin de se déshabiller très vite et, content de le voir diablement nu, il sentit les mains de ce dernier lui écarter les cuisses. Les coudes et la tête basculée en arrière, Arthur laissa échapper des sons de contentements lorsque la langue de son mari lécha son membre durci. Un raz-de-marée de sensation inconnue l'enveloppa et, sous les coups de langues qui glissaient audacieusement dessus, le goûtant, de bas en haut, de haut en bas, il gémit encore plus fortement d'une voix rauque quand il le prit en bouche.

— Mon dieu ! s'exclama-t-il soudainement en respirant difficilement,...,...

Mais, Merlin encore plus sadique que son ainé abandonna l'objet pour baiser consciencieusement le corps dont la peau frémissait sous ses lèvres humides. Arthur se laissa choir de tout son dos en tentant de contenir ses élans électriques qui le parcouraient le long de sa colonne. Essoufflé, il geignit en passant ses doigts dans la chevelure de Merlin qui ne cessait de s'évertuer à le torturer comme un diablotin...

— Merlin,... supplia-t-il en pliant ses genoux qui s'agrippèrent sous les bras de l'interpellé pour le remonter à sa hauteur.

Arthur n'était que gémissement et Merlin, ravi de ses effets, lui sourit vicieusement.

— Dis-le-moi encore,... susurra sensuellement Merlin à son oreille.

— Prends-moi,... souffla-t-il en voyant que son mari secouait la tête...

En totale perdition et, surtout frustré, il planta un regard noir rempli d'un désir extrêmement brulant dans celui de son mari qui ne céda pas. Enragé, Arthur enroula ses jambes autour de la taille de Merlin, ce qui leur valut d'échapper un long râle de plaisir...

— Possède-moi ! tonna subitement l'ainé qui n'en pouvait plus...

Son corps sembla s'auto-consumer et, en sueur, il se tordit de frustration... Il se sentait incomplet,... il le voulait en lui... alors, le temps d'une seconde, il fixa ces orbes bleus qu'il aimait tant... un regard où seul l'amour de Merlin le transperçait en plein cœur. Il était à sa merci et, en ouvrant la bouche pour lui dire combien il l'aimait, ce ne fut qu'un cri de contentement qui franchit de sa gorge. Son jeune mari le préparait doucement tout en l'embrassant chaudement. Arthur était déjà au bord du gouffre... Merlin le rendait dingue... Il n'en pouvait plus...

Puis, en sentant le sexe de son jeune mari s'insinuait en lui, il soupira en gémissant de satisfaction... Merlin, patienta quelques secondes et, en contemplant le visage aimé, son regard fixa la langue d'Arthur qui semblait soudainement appeler la sienne pour d'autres danses... Il fondit sur les lèvres de son aîné en s'emparant sauvagement de cette coquine qui s'enroula résolument à la sienne. L'atmosphère était érotiquement chargée de toute la volupté de leurs gestes... c'était deux corps sensuellement imbriqués et, surement bien au-delà de toute espérance, deux âmes qui étaient purement remplies d'amour... Tous leurs sens étaient en alerte comme si, ensemble, ils ne devenaient plus qu'un...

Arthur grogna pour que son mari bouge. Immédiatement, Merlin releva son buste et donna les premiers coups de reins qui le firent hurler d'exclamations de plaisirs. Leurs corps semblèrent entièrement en osmose. Merlin qui s'extasiait de le voir dans cet état était aussi prêt à rendre les armes. Il saisit une de ses mains pour entrelacer leurs doigts, comme si ce geste avait le pouvoir de combler le vide qu'Arthur lui faisait entrevoir... car, malgré sa jeunesse, durant la cérémonie, il l'avait senti encore plus troublé que quiconque et, le fait qu'il lui ait demandé de lui faire l'amour, il n'avait pas besoin de savoir qu'Arthur avait envie d'être complet...

Les mouvements devinrent de plus en plus rapprocher, faisant résonner seulement l'écho de leurs gémissements plaintifs... puis, après quelques coups plus brutaux, ce fut le déluge,... une déferlante sensation qui les envoya tous les deux dans un voile opalin... essoufflé et tremblant, Merlin vacilla sur le torse de son mari tandis qu'Arthur cala ses mains sur le dos de son jeune amant... épuisés, ils prirent le temps de reprendre un souffle régulier et bien mérité.

Au bout de plusieurs minutes de silence, Merlin roula ensuite sur le côté et se cacha le visage à l'aide de son oreiller. De fixer enfin son mari après avoir été si... audacieux,... cela ne le ressemblait pas du tout et puis, le corps d'Arthur ne pouvait que l'inciter à la débauche...

— Hé,... murmura Arthur en décalant l'objet qui s'interposait entre eux,... c'était... Merlin, tu as... été... dit-il avant de s'exclamer encore plus fortement,... wouaw !

— C'est,... c'est vrai, bafouilla-t-il à travers son oreiller,... t'as aimé... continua-t-il timidement...

Arthur lui arracha le coussin pour l'étreindre. Comment son jeune mari pouvait-il encore douter de lui ? Il venait de l'envoyer au septième ciel...

— Je t'aime... lui chuchota Arthur... tu as été plus que woauw ! ajouta-t-il juste pour le plaisir de voir les joues de son amant s'empourprer encore violemment...

Blotti contre le corps de son mari... Oui, son mari, Merlin ferma ses paupières pour savourer ce moment unique car, en ce jour spécial, il avait senti Arthur dépassé par les événements... seulement perdu au milieu de tout ce que cela impliquera... Il avait simplement de besoin de se sentir rassuré et, content de lui, Merlin s'endormit comme un bienheureux entouré des bras de son mari...

...

En parallèle, Gauvain se réfugiait en haut des toits. En voyant son prince enfin heureux, il repensa à ce que lui avait dit Léon. Il l'avait évité toute l'après-midi et, ce soir, il contemplait le paysage baigné des rayons de la lune. Il aurait aimé une demande plus formelle... Ce n'était pas grand-chose mais, au moins, il se sentirait important aux yeux de Léon. Il l'avait ressenti la chose comme si cela s'agissait d'un bout de viande... En y repensant, il éclata doucement de rire... Après tout, c'était Léon. Il restait simple et, finalement, il ne pouvait pas lui en vouloir.

Immobile, les mains dans les poches, il tressaillit en sentant deux bras se frayer un chemin derrière lui. Posés autour de sa taille, il reconnut le parfum de son amant qui cala son menton contre son épaule droite.

— Pardon... souffla-t-il à son oreille.

Gauvain pivota et, en se laissant cajoler par son homme, il lui répondit que ce n'était pas grave. Les paupières closes, ils restèrent ainsi sans dire un mot. Le plus jeune avait sans doute pris un peu de son prince... un esprit rêveur. Il sourit tout de même puis, lorsqu'il ouvrit son regard sur Léon, il découvrit sa mère à leurs côtés. Par pure réflexe, il paniqua en reculant de quelques pas :

— Mère !

— Gauvain, murmura-t-elle en lui caressant le visage...

— Que,... bredouilla-t-il en passant ses yeux noisette de cette dernière à son amant,... que faites-vous ici ?

Le corps chancelant, il avait cette impression qui se jouait quelque chose d'important et, le cœur palpitant, il vit Léon prendre la main de sa mère :

— Ma Lady,... je souhaiterais vous demander la permission de m'autoriser à prendre la main de votre fils...

Gauvain qui ne s'attendait pas à cela remercia la nuit de pouvoir dissimuler ses joues rouges mais, impossible à sa gorge de cesser de trembloter tout comme le reste de son corps.

— Léon, chevalier de Camelot, je vous laisse mon fils mais,... dit-elle en plantant bien ses yeux dans ceux de son interlocuteur qui, malgré tout, déglutit face au regard indéchiffrable,... rendez-le seulement heureux...

— Je vous le promets, répondit Léon en baisant le dos de la main de sa future belle-mère puis, fier, il se tourna sur son amant.

Ce dernier parut s'enraciner sur place. Cependant, le plus âgé posa un genou à terre et, le buste relevé, il sortit une boite qu'il tendit à son jeune amant.

— Gauvain,... commença-t-il d'une voix vibrante,... je sais que je ne suis pas vraiment... doué, la preuve ce matin, je n'ai pas réfléchi et je te prie de m'excuser de ma maladresse,... mais, tu me connais assez pour savoir qu'habituellement je ne suis pas un gros parleur... mais, avec toi,... je me sens démuni... tu me rends...

— Lé-on ! coupa Gauvain qui pour une fois préférait qu'il aille droit au but...

Le chevalier se racla la gorge et, en souriant nerveusement, il demanda :

— Gauvain, veux-tu m'épouser ?

Enfin,... son cœur tambourina d'une joie extatique puis, en fixant longuement la boite, il entendit Léon grogner. En passant son regard sur celui de son amant, Gauvain répondit d'une voix qu'il se voulut calme mais, après tout... cela n'arrive qu'une fois dans la vie :

— OUI ! Oui ! hurla-t-il en se jetant dans les bras de Léon qui se releva rapidement pour l'emprisonner à jamais dans ses bras,... oui, je le veux...

Cassie s'éclipsa en souriant et, heureuse pour son fils, elle repartit rejoindre Lancelot qui attendait patiemment son retour.

Léon s'écarta de son fiancé en lui passant la bague à l'annulaire. Ce dernier, les larmes aux yeux, sourit bêtement tout en contemplant l'objet puis, en relevant son visage transi d'amour, il enlaça Léon en lui murmurant :

— Je t'aime...

.

Cette soirée, tout le monde était heureux. Le jeune couple de princes était calmement endormi. Les nouveaux fiancés regardaient l'horizon de leurs yeux amoureux. Les souverains discutaient agréablement avec les chevaliers. Le peuple dansait au rythme des mélodies. Les souveraines papotaient encore de leur futur petit-enfant et,... en haut d'une tour, Guenièvre admirait l'éclat de la lune. Le vent froid de cet hiver lui soufflait un secret... Deux merveilleux enfants verront le jour. Un prince et un sorcier. La main sur le cœur, ces deux-là allaient mettre leurs efforts en commun pour rendre leurs parents respectifs un peu chèvre.


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