Chapitre 4 / Aimer



Le regard ouvert sur le plafond, Merlin fixait le jeu des ombres puis, en tournant ses yeux en direction du mur qui le séparait d'Arthur, un léger sourire se dessina sur ses lèvres. En posant une main sur le cœur, il avait l'impression qu'il ne cesserait de battre pour lui. Il ferma quelques secondes ses paupières en imaginant qu'un jour, il sera à ses côtés... juste pour lui.


Gauvain retrouva Léon, très tôt devant sa chambre. Il n'arrivait pas à s'ôter de la tête que la servante était contre l'union des princes et, dans tout ce bordel, le jeune Emrys faisait peine à voir. Encore si jeune, Merlin se confrontait à la dure réalité du monde. Il soupira quand, plongé dans ses pensées, il fut attiré violemment à l'intérieur de la pièce puis, en relevant son visage, il croisa les yeux de Léon. Les paumes sur le torse de son aîné, le sourire qu'il lui offrait aurait sûrement pu le faire fondre mais, son cœur n'y était pas. De toutes ses forces, Gauvain recula en glissant une main de sa bouche à son torse.

— Léon,... je m'inquiète pour mon prince...

— Je sais, dit-il en avançant d'un pas lorsque le plus jeune en fit un à reculons.

Gauvain savait déjà à quel point il aimait le chevalier mais, se laisser abandonner quand, Merlin, devenait de plus en plus triste, il ne pouvait l'accepter. Le bonheur de son prince était bien plus qu'un devoir et, malgré les apparences, il craignait que ce dernier ne mûrisse trop vite et, lui, face à l'homme qui volait jour après jour son cœur, il baissa les yeux au sol.

— Je suis désolé...

Le menton rapidement relevé par les doigts de Léon, Gauvain, le corps tremblant, resta immobile à contempler le regard brillant de l'aîné. Un simple regard pouvait-il le foudroyer d'amour sur place ? Il se mordit la lèvre inférieure car, Léon avait quelque chose qui arrivait à lui faire oublier jusqu'à son

propre nom. La poitrine comprimée par la force de ses questions, il ne savait plus... il était entièrement sous son emprise et, le cœur palpitant, il se demandait si ce sentiment était aussi puissant que lui disait sans cesse Merlin ?

« Aimer doit surement être aussi comparable à une force divine... de celle qui a le pouvoir de donner des ailes... » se souvint-il de la voix rieuse du jeune homme qui courait face au vent les bras écartés... mais, qu'en était-il si la personne convoitée ne l'aimait pas en retour ? Rien qu'à cette pensée, il durcit son regard et, sans un mot, il pivota vers la sortie. Comment être heureux quand celui qu'il veillait ne pouvait l'être ? Cependant Léon ne l'entendait pas de cette façon. Très rapidement, il lui saisit le poignet et, en le plaquant contre le mur le plus proche, il encadra fermement le visage du plus jeune :

— Ne me repousse pas à cause d'eux... supplia-t-il en se penchant à son oreille.

— Je...

Les lèvres de ce dernier se posèrent avec agressivité sur les siennes. Instinctivement, Gauvain posa une main sur la nuque de l'aîné tandis que la seconde empoignait durement le haut de Léon. Pouvait-il lui demander de le retenir ? Pouvait-il lui avouer qu'il l'aimait ? Pouvait-il seulement croire que rien ne les séparait ? Gauvain ne le pouvait pas...

Perdu et emporté au milieu d'un tourbillon de sensation époustouflante, la langue de Léon vint chercher la sienne et, les jambes flageolantes, deux bras le maintenaient fortement par la taille. Si Aimer devait apporter son lot de déception, il y avait une pointe de paradis parce que, la douleur, Gauvain le savait, serait d'y avoir goûté... Le souffle saccadé, ce dernier prit sur lui et, le regard extrêmement brillant, il l'abandonna en lui soufflant :

— Ne me demande pas de choisir...


Pendant ce temps, Perceval et Lancelot trouvèrent facilement la servante et, les yeux médusés, ils se figèrent en apercevant l'état de cette dernière. Enceinte ? Comment cela avait-il pu se produire ? Et comment l'annoncer au jeune prince ?... Aux jeunes princes ! Lancelot qui la détaillait de bas en haut croisa le regard noisette de cette dernière. Un souffle glacial parut soudainement passer à travers son haut lorsqu'une lueur mesquine se dévoilait au fur et à mesure qu'il s'avançait vers elle.

— Guenièvre, je vous prie de me suivre...

Arthur était réveillé bien avant le lever du soleil et, en gardant l'oreiller de Merlin entre ses bras, ce dernier s'était invité dans ses rêves... Invité ? Le mot ne lui convenait pas mais, c'était tout comme tel car, il y avait vu le prince d'Albion riant aux éclats et qui faisait battre le cœur... Le jeune Pendragon était adossé contre un arbre, Merlin inclinait la tête devant lui et, en croisant deux orbes bleus, il sentait le rouge lui monter aux joues... Des yeux qu'il avait toujours voulu oublié... des yeux magnifiques et envoûtants... Cependant, c'était loin d'être un rêve anodin. C'était plus un rappel, un vieux souvenir qui lui valut un rictus joyeux et béat aux coins de ses lèvres.

En soupirant de nervosité, il fixa ses mains qui se rappelaient de la douceur de sa peau comme si, elles avaient imprimé chaque parcelle pour qu'il se souvienne combien il avait apprécié de le

caresser. Il se tourna sur son chevet et, de ses membres tremblants, il sortit un objet du tiroir... Comment avait-il pu oublier que ce jour-là, Merlin, surement trop jeune pour s'en rappeler, lui avait conseillé de finir l'histoire... Il le rangea rapidement en tentant de calmer les battements de son cœur qui s'accéléraient à chaque fois qu'il pensait à lui... Comment ce jeune homme qu'il avait tant souhaité haïr arrivait à s'immiscer dans sa mémoire ?

Les yeux rivés sur un mur, il regardait les rayons du soleil qui pénétraient doucement dans sa chambre. Depuis que le jeune Emrys avait partagé son lit, ses sentiments semblaient se batailler à l'intérieur de son être... comme si une partie de lui voulait qu'il revienne prendre sa place... parce que, Merlin avait laissé une trace de son passage... un parfum qui lui manquait terriblement puis, après s'être torturé l'esprit, il dut admettre que le jeune Emrys commençait à prendre son âme. Mais, pour son cœur, il ne savait pas... pourtant, la veille, en discutant avec Cassie, il avait ressenti une violente douleur encore inconnue qui lui tiraillait les entrailles. Était-ce de l'amour ? Il ne le savait plus...

Arthur enfouit son visage contre l'oreiller de Merlin car, finalement c'était devenu le sien depuis la première nuit. Ce dernier avait le don de marquer chaque endroit de sa présence et, en humant le peu de parfum qui restait de ce dernier, il réalisa qu'il n'avait pas revu la servante depuis le premier soir. Seul l'image de Merlin, debout face au lac, qui lui souriait venait l'embêter à chaque fois qu'il fermait les yeux quelques secondes. Le corps détendu, il soupira d'aise en se disant qu'aujourd'hui, il souhaiterait se promener avec lui.

Plus tard, levé par une certaine colère non voilée de Lancelot, il crut un instant qu'il avait commis un acte irréparable. Cependant, il n'écarta pas cette hypothèse lorsque le chevalier le prévint que les personnes les plus importantes l'attendaient dans la salle du trône et, que la présence du jeune Emrys était, elle aussi, requise. Arthur s'y dirigea le pas rapide et, le regard scrutateur, il ne comprenait pas l'agitation qui régnait au sein du château. Les yeux indéchiffrables qui se plantaient sur sa personne le mirent étrangement mal à l'aise.

Lorsqu'il pénétra dans la grande salle, il sentait avec insistance le poids de tous les regards qui se posaient effroyablement sur lui. Chaque pas qui le séparait de son trône lui donnait des sueurs froides puis, en croisant le regard de son conseiller, il prit place sur son siège et, au milieu de l'assemblée, le visage décomposé, il l'aperçut. Guenièvre se maintenait le ventre à peine arrondi devant lui. Les mains subitement moites et tremblantes, il commença à comprendre la situation. Le cœur battant, il chercha du regard Merlin qui, tristement, le toisait de ses yeux noirs et nuageux. Les lèvres de ce dernier se pincèrent en même temps qu'il imaginait qu'il serrait des dents. Arthur prit une profonde respiration et demanda ce qui se passait. Léon s'avança d'un pas :

— Sire, permettez-moi de vous poser une seule question : avez-vous eu une relation charnelle avec cette jeune servante ?

A cette interrogation, il ne quittait toujours pas des yeux Merlin qui le fusillait d'un regard encore plus sombre. Il déglutit et, en sachant qu'il n'avait rien à se reprocher, il répondit catégoriquement :

— Non.

— Comment osez-vous nier sire ! hurla-t-elle, nous nous sommes donné l'un à l'autre au printemps...

— Assez ! coupa froidement Arthur qui percevait le rouge qui se peignait au fond des yeux du jeune Emrys.

Merlin n'en croyait pas ses oreilles : enceinte du prince qu'il devait épouser ? La respiration subitement saccadée, un coup de poignard en plein coeur lui aurait fait beaucoup moins de dégât que ce qu'il venait de subir : une trahison... La poitrine comprimée et, la douleur trop longtemps conservée, il sut qu'à cet instant, il n'y avait plus rien à espérer du jeune Pendragon.

Arthur leva une main pour faire taire le brouhaha des paroles qui fusèrent à la question de la jeune femme et, sans la regarder, il devait absolument rétablir la vérité. Il se leva brusquement de son siège et, en s'avançant, auprès de Merlin qui ne bougea pas d'un millimètre, il lui chuchota :

— Je vous promets qu'il n'y a jamais rien eu entre elle et moi...

Quel nom pouvait donner le jeune Emrys à ce qu'il ressentait à cette seconde ? L'homme qu'il aimait lui infligeait une telle humiliation qu'il comprenait maintenant ce que pouvait être la méchanceté gratuite. Le corps tremblant, les larmes de tristesse se libérèrent et, devant le regard de l'assistance, il réalisa que ce sentiment de honte le rendait encore plus insignifiant. Qui devait-il croire ? Ne l'avait-il pas entendu dire qu'il le détestait ? Ne l'avait-il pas vu, avec elle, dans les bras ? Et que pouvait bien signifier le regard désolé qu'Arthur lui lançait ? Une boule s'empressa de se loger en travers de sa gorge pour lui comprimer douloureusement la poitrine.

Immobile face à Merlin, le jeune Pendragon sentait affreusement le mépris qu'il percevait au fond de ses prunelles totalement noires. Les joues humidifiées de ce dernier parurent le condamner à la plus cruelle des sentences parce qu'enfin, il savait pourquoi il ne désirait plus voire de larmes sur ce visage : il s'attachait à lui. Le rictus de peine qui se dessina sur les lèvres de Merlin finit par achever son cœur.

Juste pour une dernière fois, Merlin voulait agir comme un enfant, juste pour cette fois-ci... Alors, sans lui répondre, il partit en courant... les perles s'envolant au rythme de ses cris qu'il contenait au fond de sa gorge... Arthur venait de lui briser son rêve, il venait finalement lui montrer son vrai visage, il n'était plus rien, il ne serait jamais personne à ses yeux... Arrivée à l'écurie, il s'arrêta pour reprendre son souffle entrecoupé par ses pleurs. Une main sur le torse, il eut du mal à trouver l'air nécessaire et, le corps tremblant, il se laissa choir contre un poteau. Les yeux fermés, le visage offert à la brise d'été, Merlin venait de mettre un pied dans le monde hostile des adultes et, l'âme déchirée par tant d'incompréhension, il effaça rageusement ses larmes.

Ce n'est qu'une dizaine de minutes plus tard qu'il réussit à se calmer et, en se redressant, il détacha un cheval. Sans vraiment savoir où il voulait s'enfuir, il prit place sur la selle et, le coeur meurtri, il aperçut la servante accompagner de quatre gardes qui devaient surement l'escorter aux portes du royaume. Cela aurait-il pu le rassuré ? Non, parce qu'après tout, un prince avait du pouvoir sur le peuple... A cette pensée, cette dernière retint les rênes et lui grinça :

— Vous savez tout aussi bien que moi qu'Arthur ment pour se protéger ! Vous ne le méritez pas ! Et, de toute façon, si vous décidiez de l'épouser, il ne vous touchera jamais comme il touche une femme ! finit-elle par dire en le laissant partir.



Gauvain qui assista à toute la scène, comme tant d'autres, ressentit toute une grande peine en voyant son prince partir en courant et, lorsqu'enfin Arthur congédia Guenièvre en tentant, en vain, d'avoir le nom de l'investigatrice de tout ce chaos, il dévisagea froidement cet homme qui venait inévitablement d'anéantir le monde de Merlin. Sans aucune manière, il le toisa et, de toute sa colère non contenue, il lui tonna en serrant des poings :

— Pensez-vous que nous sommes aveugles ?

— Je vous demande pardon, sire ? s'offusqua le jeune Pendragon qui conservait son calme devant l'assemblée.

Il était prince et, jamais, il ne se dévoilait devant les autres. Son éducation lui apprenait à rester maître de toutes les situations et, fier mais blessé, il écouta l'accusation du jeune chevalier.

— Vous auriez mieux fait de lui avouer toute la vérité ! Mais, au lieu de cela, vous vous amusez de son ignorance ! Quel genre d'homme êtes-vous pour humilier de la sorte votre futur époux ? Si le royaume envers lequel mon prince a été promis est à votre image,... dit-il en levant un bras pour s'écarter de Léon qui venait de poser une main sur son épaule,... je préfère, dans ce cas, retourner auprès des miens !

— Je n'ai... tenta de répondre Arthur à cette attaque.

— Ne vous justifiez nullement devant moi ! coupa rageusement le chevalier,... et, dans le meilleur des cas, vous saviez que cela se serait su ! cingla-t-il en haussant le ton,...Mais, non ! Vous avez préféré vous taire et attendre de le mettre devant le fait accompli !

Tant de rage... et, tellement de mépris... Gauvain, le pas stressé, savait exactement où se dirigeait Merlin quand il n'allait pas bien et, le corps énervé, comment pourrait-il relever le jeune prince qu'il savait amoureux d'Arthur ? Les dents serrées, en quittant la salle du trône, une main l'empoigna pour forcer à suivre Léon dans une petite pièce. L'un en face de l'autre, le plus jeune ne décolérer pas :

— Vous savez aussi bien que moi qu'il n'a rien fait... chuchota Léon qui le regardait en le relâchant.

— Peu importe, le mal est fait,... dit-il en fixant le torse de son vis-à-vis,... Merlin ne sourit plus depuis hier alors,... j'en déduis qu'Arthur a réussi ce qu'il voulait... annuler le mariage...

— De grâce, ne dis pas de sottise... répondit l'ainé en posant son front contre le sien.

— C'est la vérité ! tonna Gauvain en s'écartant de lui,... tu crois que je suis resté les bras croisés ! Non ! En me promenant à travers la ville basse et le château, j'ai entendu tellement de chose le concernant qu'il ne mérite pas ma clémence ! continua-t-il en appuyant son index la poitrine de son interlocuteur,... Arthur n'est qu'un... sale petit prétentieux qui ne pense qu'aux jeunes filles et...

Gauvain se tut lorsqu'une main s'abattit sur l'une de ses joues et, déçu par l'ampleur de toute cette situation, il bloqua rageusement les larmes de déception et, en gardant son regard au sol, il murmura d'une voix vibrante :

— Bien,... bredouilla-t-il en prenant la sortie, je crois que nous n'avons plus rien à nous dire,... sire...

Léon le suivit de ses yeux soudainement vides et, immobile, il regretta son geste. La voix brusquement distante du plus jeune le poignardait et, le retour au vouvoiement était signe que tout était fini mais, y avait-il eu un début ? Au fond de lui, il s'y était préparé et, la gorge nouée, il ne pouvait pas lui donner tort car, finalement, chacun soutenait son propre prince. De cette triste réalité, il déglutit puis, il partit retrouver Arthur.

Ce dernier, seul face à l'une des fenêtres de la salle du trône, contemplait le paysage mais, son regard était dénué d'éclat et, en entendant les pas lourds de Léon, il se tourna sur celui-ci.

— Pourquoi n'êtes-vous pas aller le chercher ? se renseigna le chevalier.

— Cassie vient de me l'interdire, dit-il d'une voix distraite...

Dans sa tête, il se repassait inlassablement le regard humide de Merlin,... un regard noir et brisé,... un regard qui en disait long sur la fragilité du jeune homme. Arthur aurait voulu le serrer tout contre son corps et lui hurler qu'elle mentait... lui dire qu'il voulait passer du temps avec lui,... lui dire qu'il appréciait sa présence qui, à cette seconde, lui manquait mais, il n'y arrivait pas.

Le chevalier percevait une pointe de tristesse dans sa voix mais, en était-ce vraiment ? Jamais, il ne l'avait vu donner de l'importance à une personne alors, peut-être, pouvait-il espérer qu'Arthur ne soit pas indiffèrent au jeune prince d'Albion. En le quittant, il pria pour que ce soit le cas...

Merlin galopait le visage face au vent. Il avait tellement de questions et, tellement besoin de comprendre que jamais, il n'aurait de réponses pour combler le vide qu'il ressentait. Les sanglots reprirent de plus belle lorsque ses pensées se tournaient irrémédiablement sur le seul l'homme qu'il aimait. Mais, était-ce vraiment cela d'aimer ? Avait-il mis trop d'amour pour un seul homme ? Aurait-il ressenti ce même sentiment pour un autre si il n'y avait jamais eu de mariage arrangé ?

Le cœur palpitant au rythme de sa chevauchée... Merlin pensait 

''Aimer... un mot que j'avais collé à ton image... un mot qui semblait avoir une si grande valeur...''

Non, il ne comprenait pas pourquoi Arthur le faisait autant souffrir... Tout ce qu'il désirait à cette minute était de s'éloigner de celui qui le mettait dans cet état de faiblesse...

Le regard flou, il désirait taire cette douleur !... '

' Que t'ai-je donc fait ? J'ai voulu y croire... Pourquoi me suis-je donc accroché à toi ?''

Les larmes qui continuaient à effleurer ses joues se laissèrent emporter au gré la brise. Il clignait fortement des paupières pour éteindre cette souffrance mais, malheureusement, elle était bel et bien là... à lui tirailler l'estomac... à lui brûler la gorge...

Tant de colère pour si peu d'attention...

'' Je t'aurais donné ma vie... je t'aimais... si tu savais comme je t'aimais...''

Les perles ne cessèrent pas pour autant... Merlin avançait sans regarder où il se dirigeait. Il souhaitait seulement évacuer cette terrible peine et, d'accepter enfin, que le jeune prince de Camelot ne sera jamais à lui.

Tellement de peine pour avoir juste cru un instant qu'aimer était plus fort que tout... 

'' Comment survivre si je ne suis pas avec toi... ''

Les dents serrées, un hurlement brisé franchit de ses lèvres qui formèrent un rictus de déception...

Trop d'émotion pour avoir offert entièrement sa confiance...

'' J'aurais dû comprendre que tu me haïssais... j'aurais dû ouvrir les yeux bien avant... ''

Lorsqu'il arriva devant le lac, il se planta face à cette étendue d'eau et, les dernières larmes qu'il gardait comme un adieu, coulèrent pendant que ses yeux, si habituellement doux et bleu, passèrent

totalement à la couleur de l'obscurité... la gorge déployée et le visage face au ciel dégagé, il hurla tout simplement :

— Pourquoi ? !

Le souffle court et le visage rougi, Merlin avait envie de mourir... parce qu'aimer n'était qu'une illusion, un leurre qui avait bien plus de puissance qu'une arme. Puis, les derniers mots d'Arthur n'avaient pas suffi à tout effacer mais, venant de lui, cela avait-il une quelle conque signification ? Si souffrir faisait partie de ce sentiment alors, en tombant à genoux, le torse basculé en arrière, il ne voulait plus la ressentir. 

La douleur était si intense qu'il posa une main sur son cœur et, en hurlant sa colère, il aurait voulu l'arracher... l'arracher pour ne plus aimer,... l'arracher pour oublier qu'un jour il avait cru en cette émotion... l'arracher pour se laisser emporter par la haine qui s'insinuait lentement en lui... et, malgré tout ce qu'il subissait, il demanda en fixant le lac :

— Pourquoi je continue à t'aimer ?...

Le silence... une brise qui lui caressait les joues... un souffle qui ne lui apportait aucune réponse... Les amants éternels n'existaient pas... les rêves n'avaient plus aucun poids... car, finalement, meurtri, il devait grandir et, s'avouer que les hommes préféraient la guerre parce que l'amour n'avait aucune place. Il sursauta lorsqu'une main se posa sur son épaule et, en reconnaissant la femme qui lui faisait face, il chuchota entre ses sanglots :

— Dame Nimueh...

— Pourquoi pleures-tu mon enfant ? demanda-t-elle en dissimulant un sourire victorieux puis, sans lui laisser le temps de répondre, elle ajouta,... tu sais que j'ai le pouvoir de montrer ton avenir ?

Merlin n'eut pas le temps de reculer qu'elle posa ses mains sur sa tête et, le corps tremblant, des images défilèrent dans sa mémoire... Des scènes... aussi pires les unes que les autres... et, le jeune prince écroulé sur l'herbe, cette dernière l'abandonna à son triste sort. Il ne lui restait juste à savourer le résultat et, en ricanant froidement, elle écouta en s'éloignant de lui, ce dernier hurler au milieu de son cauchemar.



Arthur était devant lui mais, son visage était froid et dur à supporter. C'était le jour de leur mariage et, au fond de lui, il se sentait heureux car, il épousait son prince... puis, après un doux nuage opalin, le temps défila et, il s'apercevait qu'il dormait toujours dans la chambre accolée à celle de son époux. Merlin ne pouvait jamais l'approcher sans que le jeune Pendragon le fusille de son regard noir. Les soirs, il entendait des gémissements provenant de la chambre voisine et, le coeur déchiré, il savait qu'Arthur batifolait avec les servantes. Douloureusement, les semaines et les mois passèrent sans que rien ne change entre eux mais, lui... il périssait d'amour seul dans son coin...

Merlin était juste là en tant qu'époux parce qu'il ne comptait pas aux yeux d'Arthur... plus il avançait dans cet étrange songe, plus son cœur se brisait en plusieurs éclats... et, lorsque chaque éclat disparaissait, c'était son essence vitale qui s'envolait doucement pour ne laisser derrière lui que l'ombre de lui-même. Si aimer devait lui retirer son âme alors, à quoi bon rêver quand, maintenant, il connaissait son futur ? Quel genre de vie pouvait-il attendre quand le bonheur n'était plus à sa portée ?

Recroquevillé sur lui-même, le jeune Emrys ouvrit lentement ses paupières lorsqu'il entendit la voix de son ami qui l'appelait.

— Merlin ?

'' Aimer ne sert à rien... aimer ce n'est juste que pour les enfants... pour ceux qui veulent croire que tout est possible... moi,... moi, je n'attends plus rien...''

Les images continuaient à le hanter en faisant de lui le pantin d'une existence qui ne lui appartenait plus, or, Merlin ne l'entendait pas de cette manière. Le regard soudainement froid, il murmura à Gauvain :

— Lorsque nous arriverons à Camelot, envoie une missive à mon père et, demande à ce qu'Uther et Ygraine reviennent pour que j'annule le mariage.

Le chevalier, inquiet par cette intonation qui ne lui ressemblait pas, hocha seulement de la tête.



Cassie ne disait rien, elle observait et étudiait avec attention tout ce qui se déroulait depuis le matin. En chemin, elle avait vu le regard sombre du jeune Emrys et, le cœur serrée, elle sentait l'aura dévastatrice de la belle-sœur du roi Uther. Malgré le sort que jadis, cette dernière avait jeté sur Merlin, comment osait-elle persévérer sur ce pauvre jeune homme ? Cependant, Cassie n'avait pas dit son dernier mot. Elle laissa Gauvain accompagner Merlin dans sa chambre pendant qu'elle irait discuter avec Lancelot.

Sur le terrain d'entrainement, elle le salua et, sourit à Léon qui parut désolé derrière un sourire forcé. Bien qu'elle adorait son fils, elle savait que les choses finiraient par s'arranger entre eux, il fallait juste que le chevalier lui laisse du temps... du temps pour faire la part de ses sentiments.

— Il reviendra, dit-elle seulement en posant une main sur l'épaule de Léon qui hocha seulement de la tête avant de partir.

Une fois seule, elle interrogea Lancelot sur Nimueh or, ce dernier ne savait même pas qu'elle usait de la magie contre les deux princes. Le chevalier, légèrement moins âgé qu'elle, la regarda de ses yeux noisette et, en se plaçant face à elle, il lui demanda si tout cela venait bien d'elle.

— J'en ai bien peur, sire... souffla-t-elle avant de lui révéler la malédiction qu'elle avait tenté de contrer à la naissance de Merlin.

— Si Nimueh n'avait rien fait, suggéra-t-il,... alors,... Arthur et Merlin seraient...

— Oui, ils seraient déjà ensemble... confirma-t-elle,... ne dites rien à Arthur, je pense savoir comment y remédier mais pour cela j'ai besoin que vous et Perceval la trouviez et, lorsque se sera fait, amenez-là moi au château d'Albion...

— Vous ne serez plus ici ?

— Non, Merlin demande à rentrer chez lui demain...

Surprise par le corps chaud du chevalier qui venait de l'étreindre, ce dernier lui murmura à l'oreille :

— Prenez soins de vous, ma lady,... je vous promets de vous la ramener...

Émue, elle lui sourit et, le pas fébrile, elle partit retrouver le jeune Emrys. Rien ne sera facile mais, elle avait le pouvoir de ressortir toute la colère et, elle comptait bien l'ôter du jeune prince.



Au pas de sa porte, elle croisa son fils qui lui murmura « Il annule le mariage... » Que pouvait-elle lui répondre ? Si tel était sa décision définitive, elle ne savait pas elle-même si elle pouvait l'aider. Elle le regarda partir et, en soupirant, elle frappa à la porte.

— Entrez, entendit-elle d'une voix qu'elle ne reconnaissait pas.

En refermant derrière elle, elle contempla Merlin qui, les mains jointes derrière le dos, dévisageait le paysage. Cassie n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche pour lui parler qu'il s'élança de lui-même :

— Comment avez-vous osé ? Mère ! Père ! Et...vous ! cracha-t-il méchamment en se retournant sur elle.

Le regard de ce dernier était effroyablement sombre et, pour la première fois, elle voyait le portrait de son père, Balinor.

— Comment avez-vous pu me faire croire que l'amour existait ? reprit-il d'une voix si glaciale que ce n'était plus qu'un Merlin remplit de fureur,... la seule chose que mérite Arthur Pendragon n'est que ma colère ! Et lorsque je monterai sur le trône, ma déclaration de guerre prendra effet ce jour-là !

Toute trace d'innocence avait disparu... il n'y avait plus rien de lui, juste un regard rempli d'éclair...

— Ne dites pas cela... tenta d'apaiser Cassie, inquiète par la noirceur qu'elle décelait autour du jeune prince.

— Cessez de me voir comme un enfant ! tonna-t-il en comblant l'espace qui la séparait d'elle,... Vous ! N'avez-vous pas honte d'avoir joué à mes dépends !

— Merlin... dit-elle en relevant son visage sur ce dernier qui restait impassible.

— Les hommes ne savent que faire la guerre ! Et si, il faut une fin à cette paix, je ne vous cache pas que je la briserais !

« Qu'as-tu fait Nimueh ?... » se demanda-t-elle.

La guérisseuse ne pouvait admettre l'échec et, le cœur peiné, elle posa sa main sur le torse de Merlin. Elle connaissait cette sorcière et, en règle générale, cette dernière aimait jouer avec les souvenirs des gens. Alors, pour son bien, elle devait tenter le tout pour le tout. A son contact, le jeune Emrys fut enveloppé d'une lueur bleutée et, en l'étendant au sol, les paupières closes, elle chercha le faux souvenir que Nimueh aurait pu lui insérer. Quant au bout de plusieurs minutes, elle n'y trouva rien, déçue, elle plongea dans les pensées les plus enfouies de Merlin pour qu'il se souvienne qu'autrefois, un jours, ils s'étaient déjà rencontrés...

'' Merlin, six ans, courait les bras écartés, suivi de son petit frère Mordred. Le rire cristallin avait toujours été le signe d'une joie de vivre. Toute son enfance, il passait son temps à rire... Un jour, en se promenant avec Cassie, cette dernière emmena les deux frères au bord du lac. Elle leur raconta l'histoire des amants éternels et, dans le regard bleu du petit Merlin, il y avait cette étincelle qui pétillait déjà juste pour un seul garçon...

A travers le regard du jeune prince, pendant qu'elle lançait des cailloux avec Mordred au bord du lac, Merlin s'éloignait pour ramasser quelques fleurs. Il marchait tranquillement sans s'apercevoir qu'il pénétrait dans la forêt avoisinante quand, soudain, il entendit des pleurs étouffés. Intrigué, il s'avança à pas de loup et, le cœur palpitant, il distingua un adolescent aux cheveux blond adossé contre un arbre.

— Bonjour ! dit-il en souriant, pourquoi pleures-tu ? questionna Merlin en s'agenouillant à ses côtés.

Il regarda le jeune garçon qui effaça ses larmes et, sans que ce dernier ne lève ses yeux sur lui, il lui répondit en désignant le livre qu'il tenait entre ses mains :

— C'est à cause de l'histoire que je lis, souffla-t-il..., la fin est trop triste...

— Montres-moi à partir de quelle page ça commence à être triste pour toi...demanda-t-il en reprenant le mot.

— C'est là, répondit l'adolescent en lui montrant le livre.

— Je peux ? demanda Merlin en prenant l'objet.

Le petit Emrys regarda la couverture qui affichait deux mains entrelacés et, devant le regard de son interlocuteur, Merlin arracha toutes les pages qui suivaient celle qu'il venait de lui indiquer.

— Mais,... bredouilla l'adolescent, pourquoi tu...

Le petit Emrys lui rendit le livre et, en approchant ses lèvres d'une de ses oreilles, il posa une main à côté de sa bouche pour lui murmurer comme un secret :

— Tu n'as qu'à écrire la fin de l'histoire,... une fin plus heureuse... comme ça, tu ne pleureras plus...

A cet instant, il aperçut enfin le visage du jeune garçon qui lui rendit un grand sourire... mais, Merlin n'avait aucune idée de ce qu'il venait de faire et, en entendant Cassie l'appelait, il lui dit enfin :

— Je m'appelle Merlin ! Au revoir !

Puis, il s'en alla rejoindre sa marraine et son petit frère... ''

Agenouillé à côté du jeune prince, la guérisseuse, enleva sa main tremblante et, le cœur léger, elle espérait que se souvenir sera plus fort que ce que Nimueh avait pu lui faire croire. Puis, en serrant des dents, elle ne parvenait pas à savoir quel faux souvenir cette sorcière avait pu lui mettre dans la tête. Elle caressa le front du jeune homme et, en entendant des coups frappés à la porte, elle discerna son fils qui désirait veiller sur Merlin.



Plus tard, en fin d'après-midi, Gauvain était allongé sur le lit, face à Merlin qui ouvrit doucement ses paupières.

— Hey, salut... souffla le chevalier en lui relevant quelques mèches brunes qui barraient le visage de ce dernier.

— Que faites-vous ici ? demanda froidement le plus jeune.

Le ton et le vouvoiement qu'employèrent le jeune prince ne le toucha pas comme l'aurait souhaité ce dernier et, même le regard noir ne le convainquait nullement de l'abandonner.

— Je suis là pour toi...

— Arrêtez de me prendre pour...

Gauvain, en se jetant à califourchon sur Merlin, l'empoigna durement et, d'un calme qu'il ne se reconnaissait pas dans de telles circonstances, il coupa :

— Ne joue pas à ça avec moi,... s'il te plait Merlin...

— Ne m'appelez jamais plus par mon prénom ! hurla-t-il la rage au ventre.

Le jeune Emrys revoyait toujours ces atroces scènes d'une autre vie et, il ne voulait pas en démordre. La mâchoire nerveusement serrée, il ne voulait plus être celui qui souffrait...

— Je n'ai surement aucun ordre à recevoir de toi ! tonna enfin Gauvain,... je suis sous les ordres du souverain d'Albion !

— Alors, allez-vous-en ! Rejoignez...

— Tais-toi ! coupa-t-il en recouvrant la voix du plus jeune.

Le chevalier serra encore plus davantage ses doigts autour des poignets de Merlin qui s'agitait sous son poids.

— Non ! braya le prince, je vous interdis de me dire...

— Merlin ! cria une nouvelle fois Gauvain qui ne supportait plus de le voir s'enfermer... Arrête ! Je ne suis pas ton ennemi ! Dis-moi ce que tu ressens ! reprit-il en plantant son regard dans celui du plus jeune qui se mordait les lèvres pour ne plus céder...

— Non ! répondit-il vivement en levant alternativement ses jambes pour les retomber contre le matelas,... lâchez-moi !

Gauvain sentait cette terrible douleur d'être impuissant face à la colère et au désarroi de son prince. Comment des gens, comme Nimueh et Arthur, pouvaient-ils tous arriver à anéantir un jeune homme qui avait tellement d'amour à donner ? En voyant que Merlin n'abandonnerait pas, il s'allongea de tout son corps sur le sien et, en le blottissant très fortement tout contre lui, il bloqua aussi les jambes de ce dernier à l'aide des siens.

— Merlin,... marmonna-t-il en sentant la peine à travers sa voix soudainement brisée.

— Non... bredouilla le prince,... ne fais pas ça,... ne me pousse pas à...

— A quoi ?... demanda-t-il en posant une main derrière la tête du jeune homme pour le forcer à la caler contre son épaule,... Il n'y a aucun mal à pleurer...

Merlin, le corps tremblant, ne voulait plus ressentir cette souffrance qui lui faisait si mal... Non, il ne le voulait plus alors, de rage, il empoigna le haut de son ami en le secouant agressivement.

— Non ! Gauvain ! Je ne veux pas ! Je ne peux...

— Si,... tu en as le droit,... souffla-t-il à son oreille en l'étreignant encore plus fortement pour qu'il cesse ses mouvements...

Le chevalier sentit le corps du jeune prince se relâcher et, la poitrine comprimée, il entendit les sanglots de ce dernier. Tout d'abord étouffés puis, bruyant... Les larmes au bord des yeux, il n'aimait pas que les gens lui fassent du mal... il était encore trop jeune pour souffrir de leur méchanceté...

— Dis-moi ce que tu ressens,... reprit Gauvain en caressant la chevelure brune du jeune homme,... ça ne te fera que du bien,...

Le haut subitement tiré vers le visage de Merlin, ce dernier finit par lui demander entre les pleurs :

— Pourquoi... ça me fait... si mal ? dit-il d'une voix si saccadée qu'il peinait à respirer correctement, pourquoi... il ne... m'aime pas ? Pourquoi... pourquoi... je ne peux pas...

Le reste s'éteignit au fond de sa gorge qui le tiraillait en la brûlant à chacun de ses mots.

— Lâches-toi mon ami... murmura Gauvain qui sentait son cœur se briser doucement...

— Je ne... veux plus... sentir cette douleur... elle est... horrible Gauvain ! Ça... me brûle ! Et ça... me tue ! hurla-t-il en secouant ses épaules au gré de ses sanglots,... je voudrais... tellement... tellement oublier... que je... l'aime... pourquoi... ça fait... mal d'aimer ! demanda-t-il en relevant son visage humide sur son aîné qui ne pouvait plus contenir ses larmes...

— Je sais,... Merlin,... dit-il simplement en lâchant ses perles de tristesse.

Gauvain ne savait rien de l'amour mais, il pouvait facilement comprendre que la douleur, bien qu'invisible au regard de tous, était une poignante blessure qui pouvait faire autant de mal qu'une épée... C'était la plus violente des souffrances, une simple condamnation d'aimer une seule personne et, la cicatrisation était longue... très longue...

— Je l'aime,... lui marmonna doucement le jeune prince en calmant ses pleurs...

— Je sais, mon beau...

Un silence combla leur discutions et, le chevalier le suivrait quelle que soit sa décision... il devait aussi, douloureusement, se résoudre à oublier Léon...

— Je veux juste devenir plus fort... bafouilla Merlin en s'endormant.

Tout doucement, dans les bras de l'un et de l'autre, la fatigue les prit tous les deux... Gauvain aimait jouer les grands frères avec lui mais, le plus dur dans ce rôle-là était d'apprivoiser la peur que ce

dernier n'en fasse qu'à sa tête, parce que demain,... le jeune Emrys, sera-t-il calmer ? Ou, en voudra-t-il encore à Arthur ?

Merlin, au milieu de la nuit, se réveilla en sueur, hanté par l'avenir qu'il avait entrevu... et, pendant ce temps, Nimueh, aux abords d'une forêt, attendait patiemment la défaite d'Uther. Un jour, elle sera présente lorsque Merlin déclara la guerre à Arthur... Guenièvre à ses côtés, elle n'avait plus besoin de cette paysanne alors, d'une main, elle ôta l'enchantement de manipulation en la laissant seule face à son destin...

Seul un rire terrifiant retentit au milieu de cette nuit...



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